Le secteur du textile égyptien se réinvente

Hanaa Khachaba Lundi 24 Février 2020-14:26:37 Chronique et Analyse

Dans un monde où la concurrence s’accroît tous les jours, l’industrie textile égyptienne revêt une importance primordiale pour l’économie. Elle emploie plus d’un demi-million d’Egyptiens et est une source essentielle de devises étrangères. En dépit de l’excellente qualité de ses matières premières, l’Egypte n’a pas été en mesure d’exploiter au mieux cette position avantageuse jusqu’au jour où l’Etat égyptien s’est déterminé plus que jamais à enfourcher son cheval de bataille, le textile. L’industrie textile entre dans une nouvelle ère marquée par la rencontre du tissu et de la haute technologie dans la nouvelle usine de Mahallah Al-Koubra, la plus grande du monde…

 

Les entreprises égyptiennes, fortes d’une longue tradition dans le domaine du textile et d’une belle capacité d’innovation, ont déjà toutes les chances de leur côté.

L’industrie textile fait appel à une main-d’œuvre abondante et les salaires égyptiens sont parmi les plus compétitifs et les plus stables de la région. L’industrie a besoin de main-d’œuvre qualifiée, de machines et de chaînes de production technologiquement avancées. Le coton égyptien est internationalement prisé et apprécié pour sa qualité. Les éléments sont donc tous réunis pour faire du secteur du textile et du tissage le pré carré de l’Egypte comme ce fut toujours le cas au fil du temps. 

Le secteur du textile fabrique une large gamme de produits à base de fibres textiles, notamment du coton brut, du fil, des tissus, des vêtements de confection et des textiles prêts à l’emploi. Des marques internationales comme Gap, Guy Laroche, Pierre Cardin et Tommy Hilfiger fabriquent en Egypte sous licence pour le marché local. 

A vrai dire, dans la région, l’Egypte est le seul pays à posséder une industrie textile entièrement intégrée verticalement, l’ensemble du processus de production, de la culture du coton à la production des fils, des tissus et des vêtements de confection, étant assuré au niveau national, mais elle doit créer des pôles textiles afin que les entreprises puissent fonctionner de manière optimale.

En Egypte, les principaux acteurs de la chaîne de valeur du textile sont les productions de coton, les transformateurs (usines d’égrenage, tisseurs/drapiers, et producteurs de textiles prêts à l’emploi), et les commerciaux (exportateurs et détaillants). Les liens entre les fournisseurs de coton en amont et les vendeurs de textile en aval sont les facteurs qui déterminent la compétitivité à long terme du secteur. 

Le gouvernement cherche à stimuler les exportations à destination du marché européen des vêtements en améliorant la qualité de sa production, en assurant l’intégration verticale de la chaîne de valeur de production de vêtements (par exemple, utilisation de coton à fibres longues produit localement, amélioration des modèles et des patrons de vêtements) et en préservant sa position sur les vêtements d’entrée de gamme  par la création de marques reconnues tant au niveau national que par les fournisseurs. L’objectif de la stratégie de développement du secteur du textile est étroitement aligné sur les objectifs de développement des exportations et d’approfondissement de l’intégration de l’Egypte dans l’économie mondiale. 

Le soutien du gouvernement égyptien et de l’Union européenne a été à l’origine d’une vague de modernisation et de restructuration dans les industries égyptiennes du textile et de la filature, un nombre croissant de petites et moyennes entreprises investissant dans des machines et des équipements modernes pour accroître leur capacité de production et améliorer la qualité de leur production. 

Dans le cadre de son plan de modernisation de l’industrie textile, l’Egypte entend effectivement construire la plus grande usine du textile du monde, dans la ville de Mahallah Al-Koubra (au centre du Delta du Nil), connue pour son industrie textile. La ville abrite en effet la plus grande des compagnies textiles présentes sur place, la société Misr for Weaving et Spinning. 

En coopération avec Rieter Holding (une société holding suisse et un fournisseur de l’industrie textile), l’Egypte va bâtir sa plus grande usine de textile dotée de 182 mille machines d’égrenage du coton, selon les propos de l’ingénieur Ahmed Moustafa, président de la société holding de textile et de filature.

 

L’histoire du textile et de la filature

Le terme industrie textile s’appliquait à l’origine au tissage d’étoffes à partir de fibres, mais il recouvre aujourd’hui toute une série d’autres procédés tels que le tricotage, le tuftage (ou touffetage) et le feutrage pour n’en citer que quelques-uns. Ce terme s’étend même à la fabrication de filés ou de non-tissés à partir de fibres naturelles ou synthétiques, ainsi qu’au finissage et à la teinture des étoffes, d’après ilocis.org.

A l’époque préhistorique, on utilisait des poils d’animaux, des plantes et des graines pour fabriquer des fibres. Les fibres synthétiques fabriquées à partir de cellulose ou de produits pétrochimiques sont de plus en plus utilisées, seules ou en mélange avec d’autres fibres synthétiques ou naturelles, mais elles n’ont jamais remplacé totalement les fibres naturelles telles que la laine, le coton, le lin et la soie. Les  fibres naturelles, hormis la soie, doivent être préalablement étirées et alignées parallèlement par peignage, puis transformées en un fil continu par filage. Le fuseau est le premier outil utilisé pour filer. Il a été mécanisé en Europe vers l’an 1400 grâce à l’invention du rouet. C’est à la fin du XVIIe siècle qu’est apparue la machine à filer qui permettrait de faire fonctionner simultanément plusieurs fuseaux. Avec le métier à filer, inventé en 1769, et le métier renvideur qui permettrait de faire fonctionner un millier de broches à la fois, la filature est passée du stade artisanal à l’ère industrielle. La fabrication des tissus a une histoire similaire. Depuis l’Antiquité, l’outil de base était le métier à tisser manuel. Des améliorations mécaniques ont été apportées par la lisse sur laquelle on attache un fil de chaîne sur deux. La mécanisation du tissage a commencé en 1733 avec la navette volante qui permettrait de lancer automatiquement la navette sur toute la largeur du métier. Vint ensuite le métier à vapeur et, en 1788, la première usine textile est fondée sur ce principe en Angleterre. Les anciens métiers à vapeur, en bois, ont été progressivement remplacés par des machines construites en acier ou en d’autres métaux. Les progrès techniques intervenus depuis lors ont consisté à en augmenter la taille et la rapidité et à en améliorer l’automatisation.

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